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Thread Contributor: aurelienpierreUn style de base pour débruitage
#51
(15-02-18, 17:55)Potochat a écrit : Merci Aurélien pour ces explications très pointues et néanmoins très claires. Au moins, dorénavant, je saurai ce que je fais, ce qui était bien loin d'être le cas avant !  En fait, je pense que tu fais bien de laisser un bruit de luminance résiduel qui évite de sacrifier les petits détails. J'ai comme beaucoup le défaut de visualiser le bruit sur l'écran à 100 % même je me rends bien compte que ce n'est pas raisonnable (!) puisque qu'une photo n'est pas faite pour être regardée le nez dessus et qu'aller au-delà risque si on n'y prend pas garde, de faire plus de mal que de bien en terme de lissage.
Cependant, dans l'optique d'obtenir la photo la plus "parfaite" possible, je trouve que la dénomination "réduction de bruit (profil)" un peu trompeuse dans la mesure où le mot "profil" amène à penser qu'il peut s'agir du Graal qui, d'un clic magique, va parfaitement debruiter la photo. En fait on en est loin... en théorie et des tutos comme les tiens ou ceux de Carafife ou démontrent le contraire. Cependant, je me demandais ce que pourrait, dans la pratique donner l'impression au format A3 (voire plus) d'un fichier qui n'aurait que ce traitement-là, ce que je n'ai jamais fait (ou osé faire !). Et je me dis que les concepteur de DT ont finalement peut-être raison de nous (me) faire ainsi croire au Graal. Certes aller plus loin est satisfaisant pour l'esprit (le mien notamment..), mais qu'en est-il de la pratique (pour une telle impression par exemple) ? Qui plus est, la double passe (une pour la chrominance, une pour la luminance) améliore encore la chose tout en n'étant pas top lourd à gérer. Très concrètement vaut-il la peine d'avoir une quête d'absolu en matière de débruitage et, s'agissant de DT, le seul module de débruitage selon profil n'est-il pas au final suffisant ? (excuse le caractère iconoclaste de ma question).

Le terme « profil » ne devrait pas être sur-interprété… Le profil en question est seulement une caractérisation statistique du bruit, établie individuellement pour chaque capteur (à partir d'images échantillons fournies par les utilisateurs de dt à ses développeurs). Ces caractéristiques permettent de faire un débruitage plus « informé » en tenant compte du comportement particulier de chaque capteur. Mais la qualité du profil dépend de la qualité de l'échantillon sur lequel il a été généré, de la variabilité des capteurs (tous les capteurs sortant d'une même chaîne de prod ne sont pas égaux) et la qualité du débruitage final dépend de celle du profil et des algorithmes. Comme expliqué dans mon bouquin, chaque algorithme se comporte différemment et a des usages plus ou moins compatibles (présence d'aplats ou motifs répétés, bruit chromatique ou de luminance, distribution statistique du bruit).

Après, la quête du débruitage parfait n'est pas prête d'être terminée, et pas juste en photo (l'astronomie et l'imagerie médicale ont des besoins plus pressants qui nous sur ce point). Cependant, nos contraintes sont différentes puisqu'on cherche en priorité un résultat esthétique plutôt qu'un résultat absolument fidèle à la réalité. Le retour en grâce du disque vinyle et de la pellicule argentique montre un certain goût pour la distorsion « esthétique » du signal (son ou couleur). Au final, le bruit donne de la texture, comme le grain du papier aquarelle.

Le niveau de débruitage est un compromis à trouver entre un bruit « génant », un bruit « esthétique », et une image trop lissée. La science donne des outils de correction, l'art c'est d'ajuster les curseurs… Et là, il n'y a pas de réponse unique, ça dépend de ce qu'on cherche.

Et si tu cherches le Graal, bon courage… Quand tu fais une photo, tu fais passer des photons à travers des lentilles convergentes (dont l'indice de réfraction dépend de la couleur) et un diaphragme (qui peut créer de la diffraction), ils arrivent sur le capteur désordonnés (alors que la théorie suppose qu'ils voyagent en ligne droite), le capteur est censé convertir chaque photon en électron au même moment, mais en réalité tu as des pixels en retard et des pixels en avance (donc des incohérences dans les valeurs mesurées), au final le capteur génére un courant électrique, qui est amplifié électriquement (donc on amplifie aussi les anomalies), puis on convertit ce courant en nombre (ce qui créée une erreur d'arrondi en fonction du nombre de bits de l'échantillonnage). Enfin ce nombre est converti, utilisé dans des calculs, qui créént plus d'erreurs d'arrondis, et exporté en JPG 8 bits (ou équivalent), ce qui ajoute de la compression par dessus d'autres erreurs d'arrondi. À chaque étape, on perd une partie du signal source, et on ajoute des erreurs. Ça n'empêche pas de faire de bonnes photos.

Faut pas trop se faire de cheveux blancs avec la technique. On a fait des images puissantes en barbouillant de la roche pilée additionnée de jaune d'œuf sur de la toile.
Aurélien, photographe portraitiste sur Nancy-Metz
Développeur de filmique, égaliseur de tons, balance couleur, etc.
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#52
Tous à fait d'accord avec ce qui vient d'être dit, on oublie qu'en argentique, les ISO de 400 étaient considérés comme élevés et donnaient du grain dans des conditions défavorables de lumière et s'ils étaient mal traités.
Et Aurélien ne parle pas de la construction du capteur : la matrice Bayer et du filtre passe-bas. J'ai toujours aimé les AutoChrome qui montrent les grains colorés de sa structure : https://www.parisphoto.com/glossaire/autochrome/
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#53
@Potochat:
> s'agissant de DT, le seul module de débruitage selon profil n'est-il pas au final suffisant ?

Pour moi oui. Je n'utilise que ce module sur la couche couleur pour enlever le bruit chromatique. Je garde le bruit de luminance dans 99% des cas, et je l’atténue éventuellement un peu dans les 1% des cas avec aussi le module de profil sur la couche de luminance. Je trouve le grain bien plus esthétique qu'une photo trop lissée.
--
Pascal - GNU/Debian (sid) - version darktable git/master
http://photos.obry.net
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#54
(16-02-18, 12:43)pascal a écrit : @Potochat:
> s'agissant de DT, le seul module de débruitage selon profil n'est-il pas au final suffisant ?

Pour moi oui. Je n'utilise que ce module sur la couche couleur pour enlever le bruit chromatique. Je garde le bruit de luminance dans 99% des cas, et je l’atténue éventuellement un peu dans les 1% des cas avec aussi le module de profil sur la couche de luminance. Je trouve le grain bien plus esthétique qu'une photo trop lissée.

Comment fais-tu ?
Lille. Hauts de France
Linux : Distribution Solus
http://www.philippedeletree.fr
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#55
Une seconde instance de la correction par profil:
- moyenne non-locales
- taille 2 ou 3
- force 1
- fusion: uniforme
- mode de fusion: valeur TSV (ou luminosité)
- opacité : entre 20% et 80% en fonction de l'image
--
Pascal - GNU/Debian (sid) - version darktable git/master
http://photos.obry.net
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#56
Merci
Lille. Hauts de France
Linux : Distribution Solus
http://www.philippedeletree.fr
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#57
A l'usage, je trouve qu'à bas ISO, le style d'AP mange pas mal de détails quand ils sont sur des applats de couleurs (un tache sur une affiche, une petite déchirure etc). Je ne l'utilise donc que pour les hauts ISO, finalement. Mon style par défaut (tout venant et moins subtil que celui d'AP) garde pus de détails à bas ISO, mais est moins subtil à hauts ISO. J'emploie très simplement 2 modules profile-denoise : un pour la couleur et un pour la luminance, comme indiqué plus haut. Le seul truc, c'est que pour la luminance, j'utilise un masque paramétrique qui réduit plus sur les ombres. Ce faisant, on a un bruit plus uniformément réparti sur toute l'image.

Niveau workflow, je règle la géométrie et la tonalité et la couleur avec juste le bruit de chrominance supprimé. J'applique le second module tout à la fin (ctrl+A, style) parce qu'il est plus lent.
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#58
Big Grin 
Je pense que la méthode de Pascal ou sa variante préconisée par Tempsperdu sont un bon compromis. Si le style d'Aurélien est un poil meilleur pour les hauts isos, il reste chronophage. Mais, au risque de paraître insistant et un peu poil-à-gratter, je persiste, en comparaison, à trouver très bon le traitement de RawTherapee, notamment le curseur "gamma" qui permet très facilement (et élégamment !) de pointer le débruitage de la luminance sur les seules zones sombres et celui le réglant par "niveau de détails". En outre, je trouve aussi que RT se débrouille mieux dans les basses lumières là où DT a tendance à me laisser des artéfacts (photos de spectacle à 3200 iso avec mon antique Canon 40D). Ceci dit, et pour rejoindre d'autres commentaires, c'est vrai que le bruit numérique reste nativement largement plus faible que le grain qu'on obtenait en argentique en poussant une Tri X ou une Hp5 à 3200 et qu'un débruitage bien conduit reste un bonus inespéré pour les anciens adeptes du bon vieux film 35 mm ! Big Grin
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#59
Merci pour cette astuce.
Débutant sur Darktable
Version 2.6.2
Mac OS 10.14
www.romaingirod.fr
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#60
Je vais poser une question bête, j'assume mon ignorance :
Le fichier Denoise.dtstyle, on le met où? Est-ce que c'est dans .config/darktable?
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