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Thread Contributor: guytounet34Gestion de la dynamique d'une photo
#1
Bonjour
J'ai suivi avec beaucoup d'intérêt les tutos sur DT 3.0 et je remercie les concepteurs, écrivains et monteurs vidéo de cette nouvelle version. Elle me semble vraiment plus simple d'usage que la version précédente. Merci Aurélien Pierre. Une de mes conclusions sur cette nouvelle version est que l'histogramme logarithmique est bien la représentation de la dynamique de la photo à chaque stade du développement. Ai-je  raison ?

Je vais reprendre mon raisonnement sur le développement d'une photo. Lumix GX7 14-52 - ISO 200 F/9 1/800
Lorsque que je la charge dans DT 3.0 j'obtiens l'image suivante à fort contraste avec son histogramme :
Cette photo dynamique image 01.jpg prise avec une forte couverture nuageuse est nettement sous-exposée (histogramme à gauche) mais le ciel me plait car les nuages sont bien rendus.
Après "correction des objectifs" je passe au module "exposition" pour récupérer une meilleure dynamique de mon image et surveillant l'histogramme pour qu'il ne déborde ni à gauche ni à droite. Voici le résultat : dynamique image 02.jpg
Si j'ai bien compris le cours d'Aurélien Pierre, j'ai mis à l'affichage de mon écran toute la dynamique capturée par mon APN (10-14EV) pour la concentrer dans la dynamique de mon écran (8-10EV) Angel Angel
Je passe à l’étape suivante avec le module « filmique », pour améliorer cette dynamique et retrouver mes détails.
Je recherche mon gris moyen dans une zone de nuage le plus gris, je modifie prudemment les curseurs en surveillant l’histogramme et j’obtiens les images suivantes : dynamique image 03.jpg et [i]dynamique image 04.jpg[/i]
 Comme je veux conserver mon ciel initial, je créé un masque sur toute la zone sombre pour que les modifications de filmique n’affectent pas le ciel.

Question aux spécialistes : est-ce que la dynamique de mon image est bien représentée par l’histogramme logarithmique ? Donc est-ce qu'une des clés du développement réside dans le suivi minutieux de cet histogramme ?

Mon problème suivant est de générer une image que je vais pouvoir faire imprimer sachant que la dynamique n’est plus que de 5-7 EV.
Ne connaissant pas le profil ICC de l’imprimante (un site en ligne) je sais que je vais perdre de la dynamique et certainement du contraste.

Je me demande donc si repassant pas le module « exposition » et en réduisant la plage dynamique de mon image j’obtiendrais en final un meilleur résultat à l’impression ?
[i]dynamique image 05.jpg[/i]
Suis-je iconoclaste, suis-je dans le raisonnement du développement de la dynamique d’une image selon Aurélien Pierre ?

Opérant comme animateur dans un atelier multimédia, j’ai réussi à convaincre les participants à l’emploi de DT, mais j’ai besoin de savoir si j’ai bien compris. Huh

Merci d'avance pour les réponses

[Image: dynamique-image-01.jpg]


[Image: dynamique-image-02.jpg]


[Image: dynamique-image-03.jpg]
[Image: dynamique-image-04.jpg]


[Image: dynamique-image-05.jpg]
Répondre
#2
> est-ce que la dynamique de mon image est bien représentée par l’histogramme logarithmique ? Donc est-ce qu'une des clés du développement réside dans le suivi minutieux de cet histogramme ?

Non, surtout pas. En fait, c'est l'axe des ordonnées qui est en échelle logarithmique sur l'histogramme général, pas l'axe des abscisses. Si c'était l'axe x, oui tu aurais raison. Il n'y a que l'histogramme interne au module égaliseur de tons qui est logarithmique sur les abscisses.

Globalement, tu fais une erreur courante : transformer la métrique en objectif. Un histogramme, c'est une façon statistique de représenter ce qui se passe dans ton image, de façon à comprendre ce qui s'y passe de façon plus théorique, quand tu dois diagnostiquer des problèmes. Ce n'est pas un truc à optimiser pour qu'il ait une forme parfaite.

En photo, tu fais confiance à tes yeux d'abord, puis si tes yeux tombent sur un truc que ta raison n'est pas capable d'expliquer, tu regardes l'histogramme (et les autres graphes techniques) pour essayer de comprendre.

C'est comme quand on te dit "vitesse limitée à 110 km/h" sur la route. C'est la vitesse de ton véhicule qui est limitée, pas la vitesse qui s'affiche sur le tableau de bord, qui n'est qu'un indicateur (généralement 2-3 km/h sous ta vitesse réelle). Faut pas confondre l'indicateur et la réalité (même s'il y a normalement un lien si tout s'est bien passé, c'est pas la même chose).

> Si j'ai bien compris le cours d'Aurélien Pierre, j'ai mis à l'affichage de mon écran toute la dynamique capturée par mon APN (10-14EV) pour la concentrer dans la dynamique de mon écran (8-10EV)

En utilisant le module exposition, tu ne changes pas la plage dynamique. Tu as simplement remis les valeurs RGB à l'échelle. Si tu as une plage dynamique de 10 EV (pour simplifier), ça veut dire que tu as un contraste de 1024:1. La correction d'exposition (tant que tu ne touches pas à la correction du noir, et je déconseille fortement de jouer avec le noir : c'est un coup à sortir des valeurs RGB négatives qui vont exploser plus tard dans le pipe), c'est une simple multiplication des valeurs RGB : ajouter 1 EV, c'est multiplier par 2. Donc, si tu multiplies toute ton image par 2, tu te retrouves avec un contraste de 2048:2, ce qui est rigoureusement la même chose que 1024:1.

La plage dynamique, c'est filmique qui s'en occupe, et il ne fait pas juste une remise à l'échelle, il remonte aussi le gris.

> Comme je veux conserver mon ciel initial, je créé un masque sur toute la zone sombre pour que les modifications de filmique n’affectent pas le ciel.

Ce n'est pas une bonne idée de masquer filmique. Filmique est censé être inversible, c'est à dire que le jour où tu as un écran HDR, il suffira de défaire la courbe filmique et d'envoyer les pixels à l'écran pour retomber sur l'image d'origine (comme on fait avec le gamma de l'espace de couleur). Si tu masques spatialement, filmique n'est plus inversible. C'est comme le profil de couleur de sortie, ça doit être une fonction de transfert globale, qui a une justification technique. Pas une correction artistique.

Si tu as besoin d'agir séparément sur différents zones, utilises soit égaliseur de ton soit exposition avec un masque. D'ailleurs l'équilibre du ciel vs. la terre est un peu bancal dans ton image masquée (4), on a vraiment l'impression qu'on a pris le sol sur une image et le ciel sur une autre.

> Mon problème suivant est de générer une image que je vais pouvoir faire imprimer sachant que la dynamique n’est plus que de 5-7 EV.
Ne connaissant pas le profil ICC de l’imprimante (un site en ligne) je sais que je vais perdre de la dynamique et certainement du contraste.

Si ton imprimeur travaille proprement, il a ce qu'il faut pour remapper le point noir de l'espace RGB de l'image vers le noir de son imprimante, via le profil ICC et un gestionnaire de couleur. C'est pas ton problème. À partir du moment où tu lui donnes une image où le gris moyen vaut 18 %, le blanc pur 100 %, et le noir 0 %, il s'arrange.

Voir aussi ma réponse ici : https://darktable.fr/2020/01/darktable-3...ment-20705

Ton image 5 va faire exactement le contraire de ce que tu imagines : complètement lessiver l'image à l'impression. Peu importe le medium de sortie, tu veux utiliser idéalement 100 % de sa plage dynamique, donc lui envoyer du RGB encodé entre 0 % et 100 %.

Sur du papier, le 0 % RGB signifie 1/50e de la luminance optique du blanc. Sur un écran, le 0 % RGB signifie 1/100e à 1/1000e de la luminance optique du blanc. C'est donc simplement un code qui dit "noir". Mais la signification physique de "noir" dépend du médium de sortie, et ce n'est pas ton problème quand tu retouches. Ce sont les drivers du GPU et de l'imprimante qui font ce qu'ils doivent (ou pas) en se basant sur les profils ICC pour extraire les infos dont ils ont besoin.

Quand tu retouches, tu supposes un medium de sortie parfait. Comme tu es obligé de retoucher sur un écran tout sauf parfait, à la fin du pipeline de retouche, on adapte le medium théorique du pipeline pour tenir compte des imperfections du medium réel de sortie. C'est le boulot de filmique et du profil de couleur de sortie. Si, demain, tu t'achètes un écran HDR 10 bits (et que darktable supporte le HDR), il suffira de remasteriser la photo, c'est à dire de changer la valeur du blanc (dans l'onglet affichage de filmique) à 400 %, et tous les autres réglages (avant filmique) pourront être conservés. Et si un jour on sort un écran HDR 20 bits, il suffira de désactiver filmique complètement.
Aurélien, photographe portraitiste, spécialiste calcul.
Développeur de filmique, égaliseur de tons, balance couleur, etc.
darktable est mon métier, pensez à m'aider :
[Image: 2FAd4rc]
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