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Savoir quand s'arrêter
#1
Le mieux est l'ennemi du bien.

J'importe mes photos. Je trie mes photos. J'ajoute des mots clés. Passage dans la chambre noire : je m'apprête à traiter la première photo de ma série.

Correction de l'objectif, réduction du bruit, exposition... Mince, c'est trop clair, trop sombre ? J'ai du mal à me rendre compte, malgré l'épreuvage.

Filmique : limite gauche et limite droite comme on dit à l'armée. RAS. Onglet look, un peu de contraste... Trop de contraste ? Mais cette photo me semble manquer encore cruellement de dynamisme...

Balance couleur RVB. Le préset ajoute couleur de base me plait bien, il paraît assez équilibré. Un peu plus de saturation dans les ombres ? Désaturer davantage les hautes lumière ! Ah, mince, ce ciel bleu, le voilà bien pâle...

Cette photo est mieux ! Enfin, elle n'est pas terrible... La faute à la composition sans doute. Ou serait-ce le traitement ? Oh, un peu de color grading, ça serait chouette ! Bon, je maîtrise encore mal l'outil, mais l'exercice ne peut être que profitable... Tiens, il y a cette vidéo sur la calibration des couleurs, je pourrais essayer le mélangeur... Oh et puis je vais rajouter du contraste local ! Quand même, il faudrait monter l'exposition du sujet ! Ca fonctionne comment le module diffusion et netteté ? Mais ça manque toujours de dynamisme, non ? Bon, je m'y suis peut-être mal pris dans mon traitement. Gestion des clones, original, on refait tout depuis le début !

Deux semaines plus tard.

Cinq clones, le numéro trois, je vais modifier la balance couleur... Le numéro deux était pas si mal, j'aurais pas dû trifouiller la courbe de l'égaliseur de tons... Bon, j'ai dit que j'enverrai les photos il y a une semaine, mais en l'état elles sont un peu nulles, je suis sûr qu'il est possible de mieux faire...

Le mieux est l'ennemi du bien.

En tant que débutant, une question me taraude lorsque je traite mes photos : quand s'arrêter ? Après tout, on a toujours l'impression que ça pourrait être mieux ! A quel moment vous vous dites : voilà, cette photo est prête ?
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#2
Tu pourrais mettre ton RAW sur un site de téléchargement pour que d'autres t'aident.
Je n'ai pas de règle quand m'arrêter. J'essaye toujours d'utiliser le minimum de modules après les modules indispensables.
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#3
(11-05-23, 17:10)jpg54 a écrit : Tu pourrais mettre ton RAW sur un site de téléchargement pour que d'autres t'aident.
Je n'ai pas de règle quand m'arrêter. J'essaye toujours d'utiliser le minimum de modules après les modules indispensables.

En fait la petite histoire ci-dessus ne se réfère pas à une photo en particulier, mais plutôt à la manière dont j'aborde / découvre le traitement. Wink 

J'avais le même problème en mixage musical au début : choisir une balance un jour, la changer le lendemain, en faire une autre le surlendemain... modifier la profondeur de telle reverb, retoucher la spatialisation du mix, ajouter puis enlever un passe-haut par ci, etc.

Avec le temps, j'ai aiguisé ma capacité de décision, ainsi que ma confiance en moi : si mes niveaux était réglés de telle façon, ça valait le coup de vérifier le lendemain, mais ça ne servait à rien d'y revenir le surlendemain. J'avais pris une décision de mixage, je m'y tenais, même si un jour pas comme un autre je doutais de cette décision. Accepter que les choses ne sont pas forcément parfaites, mais considérer qu'il est vain de revenir dessus sans limite.

Bref, l'idée ici est plutôt de voir comment chacun aborde le traitement, de comparer, de s'inspirer, sans chercher la vérité ultime et absolue. Wink
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#4
La vérité est dans le souvenir que l'impression que tu as eu à la prise de vue :
soit, tu arrives à restituer la photo ou l'envie que tu avais d'en rendre ;
soit, tu n'y arrives pas et là, je laisse tomber.
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#5
(11-05-23, 17:39)jpg54 a écrit : La vérité est dans le souvenir que l'impression que tu as eu à la prise de vue :
soit, tu arrives à restituer la photo ou l'envie que tu avais d'en rendre ;
soit, tu n'y arrives pas et là, je laisse tomber.

Hello,
Tout à fait d'accord jpg54.

Tout est dans la prévisualisation.
Le problème, à mon sens, vient du fait qu'aujourd'hui, avec l'étendue des moyens disponibles, on peut faire une image avec presque n'importe quoi.
Et donc, on en arrive vite à tourner en rond.
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#6
J'aime bien ce fil, merci Battosai et, en fait, il n'a pas grand chose à voir avec dt, c'était pareil avec l'agrandisseur et les soirées jusque... au petit matin, les yeux explosés et presque la nausée à cause des effluves des bains.

Comme le dit jpg54, c'est une question d'appréciation personnelle, de souvenir de la scène et de l'ambition de restituer un vécu visuel.
Mais, à m'ment donné (comme on dit par chez moi), il faut être indulgent avec soi-même et lâcher le morceau.
D'ailleurs, il arrive que, revoyant telle photo ou tel tirage, on se dise "ah non, c'est pas bon ça" et, l'expérience de dt aidant depuis lors, et il faut aussi le dire les avancées incroyables que les dév lui apportent régulièrement (on ne les remerciera jamais assez), sans parler de quelques vidéos bien réalisées (courtes, pertinentes, accessibles) on tient mieux l'outil en main, on a ses repères, on va beaucoup plus vite à... un style personnel, même s'il est sans prétention.

Savoir quand s'arrêter ? Une question d'expérience, pour moi. Et c'est probablement que partie remise, mais pour les photos qui, après quelques temps, restent vraiment à peaufiner.
dt stable / Ubuntu 22.04
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#7
Hello,
Savoir s'arrêter, (difficile pour moi aussi sans contrainte professionnelle), difficulté de conclure pour une compo musicale ou une photo, Le regard, ou les oreilles d'autrui, est pour moi primordiale pour une aide à la décision, on est des animaux sociaux et rien n'est parfait. Pour les photos (comme la musique) il y a le coté technique et puis ce que l'on veut rendre avec. La route était plus longue avec l'argentique et l'agrandisseur, ou le 4 pistes à bandes et les effets analogiques, qu'avec les technos du moment. Faire voir les clones ou écouter les mix...
Bon, juste une mini réflexion.
Cordialement
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#8
(11-05-23, 21:07)manu a écrit : J'aime bien ce fil, merci Battosai et, en fait, il n'a pas grand chose à voir avec dt, c'était pareil avec l'agrandisseur et les soirées jusque... au petit matin, les yeux explosés et presque la nausée à cause des effluves des bains.
A que de souvenir !!! Cool Big Grin A faire des "dodge and burn" (ça ne s'appelait pas encore comme ça (l'anglais n'était pas encore passé par là), simplement assombrir/éclaircir) des solarisations et autres contre-typages négatifs/positifs.
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#9
Merci pour vos retours, c'est super intéressant !

J'aime l'idée d'utiliser le moins de modules possible ; de manière générale, et pas qu'en photo, la philosophie qui consiste à faire beaucoup avec peu me séduit pas mal.
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#10
Bonjour à tous !
Question très intéressante en effet, à laquelle nous sommes tous confrontés. Et discussion passionnante !
Dans l'ordre de mes priorités, je dirais :
1. qu'il ne faut pas que le fait de prendre des photos empêche de bien profiter de certains moments de la vie ;
2. qu'il ne faut pas que le temps consacré à la retouche empêche de prendre des photos ;
3. que le tri des photos, l'attribution d'étoiles, mots-clés, légendes, etc. prend pas mal de temps mais permet d'en gagner plus tard ;
4. que le partage des photos, sous forme numérique, tirages, livres, etc., est une étape très importante. (Au passage, il faut se dire que la plupart des destinataires, n'ayant pas vu l'original, accorderont sans doute moins d'importance au traitement qu'au sujet) ;
5. que la retouche est aussi un plaisir en soi. Le temps passé est aussi un apprentissage des différents outils qui permet de gagner du temps par la suite.
6. que darktable est un outils extraordinaire, qui permet en plus de faire du traitement par lots, ce qui fait encore gagner du temps pour retourner aux points 1, 2, ...
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